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UNE FONCTION "CHEVALERESQUE"
Il ne faudrait pas sous-estimer les dangers des attaques des hackers
pour le web ni présenter une image idyllique de ces derniers, sorte
de chevaliers ou de Robin des Bois des temps modernes. Les hackers
sont et restent dans l’illégalité. Néanmoins, force
est de constater que leurs actions ont souvent des résultats positifs
à long terme pour l’évolution et le perfectionnement de le
New Economy dans son ensemble. En effet, la plupart du temps les préjudices
causés sont limités, l’appât du gain n’étant
que rarement le motivation première. Preuve en est le fait que le
plus souvent les hackers, après avoir pénétré
un système, s’en retourne sans rien prendre ni voler. L’exploit
technique est bien plus fréquemment l’objectif des pirates de
la toile. Et chaque nouvelle alerte contribue à la prise de conscience
de la vulnérabilité des installations actuelles et
conduit à un l’amélioration du système. De quoi colmater
les brèches trop nombreuses que laissent traîner les fournisseurs
de logiciels et de matériels informatiques dans la course frénétique
à la construction de la net-économie. Ainsi, par exemple
en 1984, de jeunes hackers du Chaos Computer
Club détournent des fonds de la banque allemande Sparkasse.
100 00 DM (350 000 F) sont détournés en une nuit sur un compte
bancaire et restitués le lendemani matin. Commentaire d’un des hackers
: « La banque avait assuré que le système était
sûr ». De façon plus générale, le
CCC, lorsqu’il décèle une faille dans un programme, en informe
les responsables des services informatiques concernés et leur laisse
une à deux semaines avant de révéler l’affaire publiquement.
Le CCC est ainsi devenu au fil du temps un groupe de pression reconnu.
UNE UTILITE RECONNUE ET UTILISEE
Les pouvoirs publics tout autant que les entreprises ont vite compris
l’utilité que pouvaient avoir les hackers dans le combat contre
les faiblesses de l’Internet. Ainsi, en août dernier, Microsoft
lançait-il
un appel aux hackers sous forme de défi. Les pirates devaient mettre
à l’épreuve Windows 2000, le nouveau logiciel que
Microsoft s’apprêtait à lancer sur le marché. Pour
vérifier la faillibilité du système d’exploitation.
De même, en septembre dernier, se tenait à salon de Provence
un congrès sur la délinquance informatique auquel était
convié quelques hackers. Aux Etats-Unis, ce genre de scène
où des pirates viennent donner quelques astuces et secrets aux cyberflics
est monnaie courante. Un responsable du FBI aurait même affirmé
que « les pirates informatiques sont une ressource nationale
». Enfin, de nombreuses entreprises telles qu’IBM ou Ernst and Young,
emploient à temps complet des pirates pour effectuer des tests de
sécurité permanents. Ainsi, le monde publiait-il il y a quelques
mois l'interview d'un ancien hacker, Sébastien Gioria, désormais
responsable de la sécurité chez FranceNet, un fournisseur
d'accès à Internet. Celui-ci traque ses anciens compères
qui tentent de saborder les sytèmes informatiques de La Redoute,
Havas ou L'Oréal et est un indispensable complément aux firewalls
qui ne suffisent souvent pas pour détecter une tentative d'intrusion
bien menée. Et de conclure à la fin de l'article: "Un
bon responsable de la sécurité est un bon pirate".
LES JUSTICIERS DU CYBERESPACE
Les hackers ont leur propre déontologie et partcipent pleinement
à l'"auto-régulation" de l'Internet. Ainsi, un de leurs a-t-il
piraté des sites de pédophiles, a ravagé leur disque
dur et laissé des images de python sur les pages d'accueil. Même
si l'identité de ce derniera été mal définie
(on a longtemps pensé que Christian Valor ou Se7en , devenu
un héros aux Etats-Unis, alors qu'il n'y était pour rien
dans l'affaire), il n'en reste pas moins que la communauté des pirates
se prêtent souvent au jeu des justiciers et combat, à sa manière,
la cybercriminalité.
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