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LES ENTREPRISES SE PROTEGENT            
 

 


DES TECHNIQUES DE PIRATAGE DE PLUS EN PLUS PERFECTIONNEES

Les affaires de piratage sur des serveurs sont en nette augmentation : environ 5 fois plus qu’il y a deux ans. Et cette tendance devrait s’amplifier avec la multiplication de logiciels de piratage directement accessibles sur le Net et la créativité dont font preuve les pirates aujourd’hui. Aux programmes classiques dits de « Cheval de Troie » ( programme introduit dans un ordinateur à l’insu de son utilisateur et pouvant lancer des commandes d’effacement de fichier, communiquer des informations sensibles à l’extérieur ou encore créer un backdoor, « trou » de sécurité créé dans une ordinateur après une première intrusion ) dont le dernier en date, le Back Orifice 2000 (« Orifice de derrière »), créé par le fameux groupe de hackers Cult of The Dead, permet à un hacker malveillant de prendre le contrôle d’un ordinateur à distance, s’ajoutent désormais les « infections informatiques » ou virus qui prolifèrent par courrier électronique. « Happy 99 », « Melissa », « Tchernobyl» ou le plus récent en date, « I Love You » sont tous logés dans un e-mail d’apparence anodine, qui une fois lancé, poursuit sa course autour du monde, s’attaquant parfois, comme c’est le cas de « I Love You », aux données de la victime. Il faudra aussi désormais compter avec les logiciels dits de « refus de service » (denial of service, DOS) utilisés lors des attaques récentes contre les géants de la netéconomie (voir « affaires médiatiques » ). Depuis quelques mois une nouvelle génération de programmes a vu le jour, baptisés Tribal Flood Network ou encore Trinoo, tous accessibles sur le Net et donc utilisables par n’importe qui. (Voir le site ATTAC : Analyse de Tous types d’Attaques et de Contaminations pour descriptif des différentes techniques de piratage.) 
 
 

LES ENTREPRISES AU COEUR DE TOUS LES DANGERS

Les entreprises sont la première cible des hackers et risquent souvent très gros. Avec la Nouvelle Economie, la plupart d’entre elles sont présentes sur le Net et sont donc plus vulnérables. C’est bien là l’un des paradoxes de la New Economy…L’entreprise en réseau augmente sa portance, sa visibilité, sa flexibilité mais augmente parallèlement les points d’entrée dans son réseau. Des informations confidentielles sur les clients mais aussi sur l’organisation interne de l’entreprise ou sur de nouvelles découvertes dans le domaine de la recherche et du développement sont alors disponibles sur le Net. Si les attaques et les intrusions de réseaux sont souvent le fait d’hackers isolés, elles peuvent aussi provenir de firmes adverses, de concurrents…L’espionnage économique ainsi que le sabotage prennent, avec l’Internet, des proportions énormes. La sécurité, plus qu’un mal nécessaire, devient alors un enjeu économique, une arme commerciale. D’où la nécessité pour les entreprises de se doter de systèmes de protection efficaces ou firewall (parfois baptisé coupe-feu ou écluse, c’est un ordinateur qui contrôle les accès au réseau de l’extérieur. Il est le premier maillon, et en principe le plus solide , de la chaîne de protection des systèmes informatiques) pour lutter et se protèger contre des concurrents déloyaux. 
En effet, les attaques des hackers sont extrêmemnt nuisibles aux entreprises. Le manque à gagner ou la rupture du service (entreprises publiques) peuvent peser très lourd pour l'établissement et ses clients ou usagers non seulemnt en raison de pertes financières considérables mais aussi parce qu'il risque d'y perdre sa crédibilité.
La soustraction frauduleuse de fichiers contenant des données confidentielles inquiète particulièrement car elles menacent particulièrement les droits des particuliers. Si, de surcroît, l'établissement "visité" pratique l'omerta, comme le déplorent les services de police, la protection se révèle d'autant plus diffcile.
Et il ne faut pas oublier que les risquent pour les entreprises ne vont aller que grandissant avec la mise en place des technologies à débits rapides, comme le câble ou l'ADSL autorisant un accès permanent à l'Internet. En effet, avec le câble ou l'ADSL, l'utilisateur a tendance à rester en ligne pendant des heures et permet ainsi au pirate de trouver l'adresse IP et d'attaquer l'ordinateur connecté. 
 

UNE LONGUE ET DIFFICILE PRISE DE CONSCIENCE

Pourtant, malgré ces enjeux évidents, la prises de conscience des entreprises est longue à venir. Ainsi, selon une étude effectuée par Netcost and Security,la sécurité est encore loin d’être considérée comme une priorité par les entreprises françaises. Il apparaît ainsi qu’une entreprise sur quatre ignore si elle a été victime d’une attaque informatique et que 40% ne surveillent pas leur réseau. Jean-Christophe Touvet, consultant en sécurité chez Edelweb, affirmait donc, dans une interview du Monde que « la première des protections consiste d’abord pour les entreprises à prendre conscience des risques qu’elles encourent ».
 
 

LA MULTIPLICATION DES MOYENS DE PROTECTION

Ce nouveau défi de la « e-économie » n’a pas échappé aux consultants informatiques de tous bords qui proposent, moyennant financement, tout un arsenal de protection. Internet Security System , un des principaux groupes mondiaux de logiciels de détection d’intrusion ( avec notamment son fameux logiciel RealSecure ) a plus que doublé son chiffre d’affaires entre 1998 et 1999. Check-Point un logiciel pare-feu israélien, connaît des croissances de plus de 60% par an. La marché de la sécurité atteint au sens large 9 milliards de dollars et devrait triplé d’ici à 2003. Symantec , quant à elle, vend pour la modique somme de 334 francs, un logiciel, le Norton Internet Security 2000 qui assure l’élimination des virus destructeurs, la protection contre l’intrusion des hackers et contre la destruction ou la divulgation d’informations confidentielles. A noter néanmoins que le site de cette célèbre entreprise de protection a été lui même hacké l’année dernière !!
Parallèlement, le CERT (Computer Emergency Response Team) travaille à la recherche et au perfectionnement des moyens de lutte contre les hackers ainsi qu’à l’éradication de virus lorsqu’ils apparaissent. Ce centre, fondé en 1988 à l’université de Carnegie Mellon (Pittsburgh) a multiplié ses antennes dans différents pays, fédérées au sein du First (Forum of Incident Response ans Security Teams) . Ces « pompiers » du Net comme les appelle le journal Libération doivent faire face aux attaques en tout genre menés par les hackers à travers le monde entier. Un métier d’avenir sans aucun doute…