KEVIN MITNICK
Kevin Mitnick est sans aucun
doute le hacker le plus connu et le plus respecté par ses pairs.
Il est admiré par les hackers du monde entier :considéré
comme un puriste, la communauté hacker voit en lui un martyr quand
d’autres le voient comme un escroc. La justice américaine l’accuse
d’avoir provoqué jusqu’à 80 millions de dollars de dégâts
par ses intrusions au sein de Motorola, Nokia ou Sun Microsystems. Il est
incarcéré à Los Angeles depuis février 1995.
25 plaintes pour violation frauduleuse de matériel informatique
pèsent contre lui :il a déjà passé deux ans
en cellule pour possession d’appareils interdits et deux ans dans l’attente
d’un procès pour effraction informatique. En mars 1999,il a négocié
avec la justice américaine une réduction des charges retenues
contre lui, plaidant coupable envers cinq délits. En juin 1999,la
court l’a condamné à 22 mois de prison au lieu des 32 mois
requis par le gouvernement américain. Pendant les procédures,
le gouvernement prévoyait d’interdire à Mitnick l’accès
ou la possession d’un ordinateur ;la court a finalement décidé
de limiter ces restrictions à un droit à l’accès d’un
ordinateur, toutefois sous surveillance. Selon ses défenseurs, ces
sanctions sont totalement injustifiées du fait qu’il n’a pas été
établi qu’il ait détruit ou vendu des informations, ni qu’il
ait tiré un quelconque bénéfice financier de ses manœuvres.
La communauté hacker considère que le gouvernement américain
s’est servi de Mitnick comme d’un bouc-émissaire à titre
d’exemple :En exagérant l’image du pirate informatique, il espérerait
faire jurisprudence et encourager des peines plus sévères
dans les futures affaires contre les hackers, intimider les jeunes pirates
et faire prendre conscience à la population du danger, et enfin
éviter la mise en cause de la faiblesse de ses systèmes de
protection. Selon ses supporters, Mitnick est accusé d’un " délit
de curiosité " : il est considéré comme un hacker
puriste puisqu’il n’a jamais détourné d’argent à son
compte même si ça aurait pu lui être très profitable.
Surtout, il n’aurait jamais eu l’intention de nuire, de détruire
ou d’endommager la propriété d'autrui. Au contraire, le "
hacking " eprésentait pour lui une façon de satisfaire
sa curiosité intellectuelle, des attributs qui sont plus souvent
récompensés que punis dans notre
société .Les sites de hackers qui défendent aujourd’hui
Mitnick sont très nombreux et ils vont jusqu’à taguer les
pages d'accueil d’autres sites d’une banderole " FREE KEVIN ! ". Des hackers
ont même piraté le site de Yahoo en décembre 1997 pour
faire pression sur les autorités afin qu’elles libèrent Mitnick
(voir notre partie "affaires médiatiques")
ANALYSER
En Israël, " Analyser " est le pirate héros des adolescents.
A partir du seul ordinateur familial, Ehud Tannenbaum a récupéré
le mot de passe
d’un ancien étudiant de Sdé Boker, une école d’environnement
du pays, pour forcer l’accès des réseaux du monde entier,
trifouiller les
systèmes hautement protégés et ,en l’occurrence,
laisser des traces de ses incursions. Le " hacking " du pentagone est son
acte
de bravoure
mais il a également piraté le site web de la Knesset,
le parlement israélien ou il a laissé un simple bonjour.
Il affirme aussi avoir piraté des sites
nazis et pédophiles. En mars 1998, après un mois de traque
informatique, des agents de la police fédérale américaine
débarquaient dans le pays. Il fut assigné à résidence,
se vit confisquer son ordinateur et subi de longues heures d’interrogatoires.
Quant au pays, il se prend
d’admiration pour ce jeune garçon de 18 ans : il est le héros
des lycées et Benyamin Netanyahou lui-même le qualifie
de " vachement bon " !
Analyser devient le symbole de la compétence toute neuve du
pays dans des domaines de pointe. Le pays découvrant l’informatique,
il
passe pour un jeune homme surdoué alors que d’autres l’assimilent
à un dangereux meurtrier. Mais malgré ces discours dénonçant
la fraude
informatique, la majorité des israéliens continuent de
l'idolâtrer. Il est même devenu le représentant de la
société des ordinateurs Newron
dans leurs publicités. C’est de nouveau le mythe du gentil pirate
qui prédomine.
TOBOZO
"Tobozo" a 29 ans. C'est un hacker français, exilé
à Dublin par crainte de poursuites judiciaires après des
violations immodérées de sites. En
décembre 1998, il a déposé se signature sur le
site de l'American University of Paris : "hacked by tobozo", simplement
pour signaler qu'il a pu violer le système, depuis un cybercafé.
Il n'est pas un "hackermaster" mais un pirate ordinaire. Très tôt,
il s'intéresse de près aux sites
hackers et copie les logiciels disponibles. Sa méthode est le
social engineering qui consiste à "parier sur les failles d'un
être humain plutôt que sur celles d'un ordinateur", c'est-à-dire
se faire passer pour quelqu'un d'autre pour obtenir un mot de passe. Il
s'est attaqué à un site
lequel s'est retourné sur son fournisseur d'accès; de
plus, la base de données dans laquelle il a réussi à
s'introduire contient aussi les
coordonnées bancaires des clients: une plainte contre X est
déposée et Tobozo a fuit en Irlande. Tobozo est le pirate
type qui navigue entre
le bon et le mauvais coté du hacking, on considère ce
type de hacker comme dangereux car il ne maîtrise pas parfaitement
ce qu'il fait et peut
ainsi causer beaucoup de dégâts, surtout pour les entreprises
qui sont mal protégées. Tobozo, quant à lui aimerait
passer de "l'autre coté" et
travailler dans une entreprise chargée de veiller à la
sécurité des systèmes.
MIXTER
"Mixter" est un allemand de 20 ans qui vit près de Hanovre.
Il est aujourd'hui au centre de l'enquête sur les actes de sabotage
en série qui
ont immobilisé les sites de Yahoo et d'Amazon et de nombreux
autres aux Etats-Unis en février 2000, provoquant la panique sur
le web.
Mixter n'est pas de ceux qui ont mené les attaques, mais il
semble qu'il ait livré le mode d'emploi qui a permis de semer la
zizanie sur le réseau.
Il y a quatre mois, il a publié sur Internet un logiciel baptisé
"Tribal Flood Network" qui expliquait en détail comment défier
les systèmes de
sécurité les plus sophistiqués des compagnies
électroniques en étournant des dizaines d'ordinateurs
à travers le pays, afin de submerger les sites visés de messages
ininterrompus (le refus de service). Ce logiciel aurait été
utilisé contre Yahoo et eBay. Mixter a reconnu que son logiciel
avait apparemment servi pour les attaques mais il a justifié sa
publication par le fait qu'il voulait attirer l'attention sur les failles
de la protection du réseau. Il se revendique donc comme un pirate
puriste dans la lignée de ceux qui ne cherchent pas à nuire
mais à alarmer.
Sources: les dossiers de Libération
et du Monde
|